Qui sommes-nous ?

Ces événements troublants autant que violents ne m’ont pas laissé indifférent… beaucoup d’informations, beaucoup de prises de positions, une avalanche d’images et de vidéos… Mon cerveau sature un peu et ne sait pas quoi penser de tout ça… ou pas :-)

Découverte des premiers faits

Comme presque tout le monde, j’ai appris la nouvelle le mardi entre midi et deux. Dans un premier temps je me suis intéressé au sujet parce qu’il n’était pas commun. Une fusillade dans Paris suffisamment importante pour que tous les canaux en parlent, c’est quand même pas tous les jours que ça arrive. J’ai donc suivi le sujet avec attention. Presque en temps réel, Twitter m’a permis d’aller sur les bons liens vidéos, journalistiques, etc …

Avalanche d’informations

Du début de la fusillade dans les locaux du journal, à la fin de la marche de dimanche, j’ai suivi minute après minute tout ce qu’il s’est passé. Je ne pense pas avoir été le seul. C’était LE sujet de discutions de tout le monde : au boulot, au café du coin, dans le bus, en famille, entre amis …
Durant cette semaine, une quantité hallucinante d’informations et de contenus nous a été servie dans tous les formats possibles : affiches, radios, télévisions, réseaux sociaux, street art, chansons, poèmes, etc… Il fallait vraiment être ermite habitant au fond d’une grotte pour ne pas savoir ce qu’il se passait.

Des interrogations

Dans ce tas d’infos factuelles, tous s’est passé très vite et nos réflexions personnelles n’ont pas vraiment eu le temps de se mettre en place. Les médias ont réfléchis à notre place. En une semaine chrono, l’affaire est torchée : fusillade, traque, prise d’otage, assaut final, marche commémorative.

Mais…
Quel était le sens de tout ça ?
Pourquoi des dessinateurs et pas de réels responsables ?
Était-ce vraiment à cause des caricatures de 2006 ?
Pourquoi avoir attendu 8 ans pour se « venger » ?
Qui étaient vraiment ces gangsters ?
N’étaient-t-ils pas sous surveillance ?
Pourquoi (encore une fois) les avoir tués et non capturés vivant ?

Des faits troublants

Plein de choses à dire sur ce qui est louche dans tout ça. J’avais commencé à écrire les résultats de mes recherches sur les vidéos, mais je me suis auto-censuré (LOL…) pour ne pas paraitre trop… « dissident » auprès de certains lecteurs. Sachez cependant que ces vidéos, bien que dramatiques, me semblent truffées de questionnements…

Sur l’aspect factuel de la traque, je vais juste évoquer le sujet de la carte d’identité « oubliée » dans la voiture, et vous invite à lire ces articles :
« Question autour de la carte d’identité d’un terroriste »
et
« Charlie Hebdo : avant les attentats, Manuel Valls aurait restreint les écoutes dans l’entourage des frères Kouachi »

Ça en dit long sur l’objectivité des médias mainstream …

Et puis il y a « l’après »

Le cortège parisien de dimanche, la photo de famille.

Les médias nous montrent ce qu’il veulent, tout le monde le sait. Les manipulations dans l’interprétation de l’info, quelles soient minimes ou majeures font partie de la vie des médias. L’histoire le prouve suffisamment. Une photo prise lors de la manifestation illustre très bien cette manipulation, ça vaut le coup de se pencher dessus.

lecture_photo_marche_republicaine

Ce qu’on voit en publication : des leaders ouvrant la marche de la manifestation.
La réalité : ces personnages politiques sont complètement dissociés de la masse… (un peu comme dans la vrai vie, non ?)
Alors oui, c’est peut être pour des raisons de sécurité, mais quand même : La lecture de l’image qu’on nous montre n’est PAS la réalité.
Si c’est valable pour une simple photo, qu’en est-il du reste de l’information ?

Cette technique de prise de vue a déjà été utilisée et démasquée il y a peu de temps avec une intervention de M. Mélanchon.

lecture_photo_melanchon_fausse_manifestation

… ça me rappelle d’ailleurs, une analyse de lecture photographique que j’avais lue sur le net. J’avais sauvegardé l’image pour ne pas la perdre de vue.

lecture_photo_militaires

On voit bien ici les 3 lectures pour un seul et même cliché :
cadrage 1 : on menace un homme
cadrage 2 : on force un homme à boire
cadrage 3 : on aide un homme à boire

Et puis à lire aussi à propos de la marche :
« INFOGRAPHIE. « Charlie Hebdo » : les hypocrites de la marche républicaine »

Les vautours, pro de la récupération

Pub, marketing politique et lois liberticides … au nom de la liberté d’expression.

Au début presque anonyme, les « Je suis Charlie » ont fleuris un peu partout. Le phénomène s’est multiplié sur les réseaux sociaux, puis c’est venu au tour des différents journaux, sites web, entreprises, etc … Annoncé ou lu comme une marque de soutient au victimes, à leurs familles et à la non-violence, ce slogan ne laisse pas indifférent.

Dans ce que j’ai vu, je distingue 3 niveaux de lecture.

Le premier est individuel.

En tant que personne, l’affichage de ce slogan montrera un sentiment de solidarité et une certaine approbation pour la liberté d’expression. De fait, libre a chacun de l’afficher ou pas, cela fait partie de la liberté d’expression.

Le second est commercial.

J’ai vu des commerces (et sites webs) qui ont affiché « Je suis Charlie » sur la porte de leur établissement. Ça part d’un bon sentiment, j’en suis sûr, mais déjà, je pense qu’il y a un hic. Cet écriteau, scotché à coté des stickers de paiement carte bleu, visa et autres labels Routard ou Cityvox, faisait un peu tache. Oui, c’était par solidarité, mais non, je ne pense pas que ce soit un bon vecteur. Bref, j’ai lu ça comme une sorte de dérive transformant ce slogan en label publicitaire, me faisant penser à la technique du « green washing ».

Le troisième est politique.

A ce niveau, le slogan est devenu un outil d’argumentation. « Je suis Charlie » permet d’argumenter des prises de positions politiques radicales. On est loin des aspirations de solidarité et de liberté … vraiment très loin.

Mais bon, on le sait bien : souvent, pour ne pas dire à chaque fois, des événements comme celui-ci sont suivi de déclarations, de mise en place de lois ou d’opérations exceptionnelles jugés « appropriés » par nos dirigeants.

NB : Je vous avouerais que depuis quelques semaines, j’ai un peu décroché des actualités. Je vais donc remonter les articles que j’avais alors notés dans la quinzaine de jours qui ont suivi les événements.

Parmi un nombre incalculable de prises de positions choquantes, il y avait …

Nathalie Saint-Cricq :

« Ce sont ceux qui ne sont pas Charlie qu’il faut repérer, […] ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale »

Extrêmement clivant comme propos non ?
Ne pas afficher Charlie voudrait dire qu’on est malade et non-intégré ?
Et puis ça veux dire quoi « non-intégré » ?
Permettez moi d’avoir des doutes sur cette chasse aux sorcières.

Nadine Morano, portant fièrement son badge de Charlie, qui donne sa définition du « vrai » musulman. Elle insinue par citation interposée qu’un « vrai » musulman mange du porc… bravo la solidarité et la liberté.
Pour le coup, je fais juste un petit rappel au sujet de la déclaration universelle des droits de l’homme (qu’elle ne se prive pas de flatter juste avant) au niveau de l’article 10 :

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »

Ne pas manger du porc deviendrait donc un trouble à l’ordre public ?
Dans un moment où la priorité est de calmer le jeu pour éviter les amalgames, elle se permet de lancer gratuitement un pavé dans la marre au nom de Charlie… c’est juste à vomir. Au risque de décevoir Nadine : l’islam n’a pas attaqué Charlie, ce sont des criminels qui l’ont fait.

Eric Ciotti exigeait un suivi des jeunes qui n’ont pas voulu faire la minute de silence en hommage aux victimes, ainsi que leur familles.

Allez, pour lui ce sera l’article 12 :

« Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »

Ne pas faire une minute de silence deviendrait un délit ?… c’est juste fou.

Sans oublier …

David Cameron avait fait une déclaration très piquante sur sa volonté d’interdire toute communication non-decriptable par les services de renseignements.

Christian Jacob veut quant à lui « restreindre les libertés de quelques-uns »

Et puis cette déclaration de Harlem Désir visant « la possibilité d’un blocage administratif des sites internet et des messages à caractère raciste et antisémite » en France et à brève échéance …

… Tiens, ça me rappelle un article que j’ai publié il y a peu

Au delà de ces infos, je me poses d’autres questions sur ce besoin d’afficher ce « Je suis Charlie ».
Je ne peux qu’être touché par tout ça. Mes pensées ont été pour les disparus et leur proches…
Mais je n’ai à aucun moment eu le besoin de brandir ce message. Qu’est-ce que ça aurait apporté ?… concrètement ? J’aurais été moins attristé ? Ces 3 mots auraient-ils fait peur à des fous armés, au point de les stopper dans leurs démarches criminelles ?… Je me pose toujours ces questions.

D’ailleurs, celui qui à lancé ce mouvement serait un journaliste / graphiste du quotidien Le Progrès. Moi qui pensais que c’était un message d’origine « neutre »…

Mais revenons à nos moutons : on en était à l’utilisation d’un fait pour permettre la justification d’une suite.
Comme pour la vraie/fausse lecture photographique, l’histoire nous montre que la technique de l’Excuse avec un grand « E » est une technique bien répandue. Je me suis permis d’aller fouiner un peu sur le sujet. Et pas besoin de chercher bien loin pour trouver des stratagèmes dignes de films hollywoodiens…
Le principe est simple : mettre en évidence un Mal afin de s’autoproclamer le Bien.

Rappels historiques

Les exemples ne manquent pas, je vous invite à en trouver d’autres par vous même… vous verrez, c’est facile : 1 guerre = 1 excuse bidon (minimum)

Entre peine, révolte et doute

« Peine » parce que des victimes c’est jamais bon, jamais ! Je suis évidement touché par ces tristes disparitions… c’est évident : on ne doit pas tuer, point final.
« Révolté » d’abord au sujet des cibles : des dessinateurs… des gens qui dessinent… merde !!! C’est juste dingue !
Je n’oublie pas les autres victimes qui se trouvaient là au mauvais moment, évidement.
« Révolté » aussi sur cette utilisation massive de l’événement. Ce « Je suis Charlie » a été utilisé pour véhiculer toutes sortes de messages, des plus beaux aux pires atrocités. Je vous laisse le soin de faire votre propre analyse des discours de celles et ceux qui se sont dit affectés par cette histoire.
Le « Doute », c’est pour la suite. Les lois liberticides, au nom de la liberté, et les prises de position militaire faussement justifiées, seront à mon avis au rendez-vous.
Un « Doute » plus fort encore sur ce réveil politique de la population. J’espère profondément que les citoyens qui viennent de sortir de leur torpeur politique resteront actifs après cet épisode marquant … Je l’espère vraiment de tout cœur et pour nous tous !

Mon bilan final personnel de tout ça : Trop de morts.

Et pour terminer ce grooooos article qui m’a donné beaucoup de mal, voici 3 liens (encore) que j’ai trouvé notables et qui tournent autour du sujet :

Minute Papillon, que je regarde régulièrement, a apporté sa pierre. Une bonne démarche que j’applaudis des 2 mains :-)

Un point de vue intéressant de Guerric Poncet sur la question

Et puis ce livre, remarquable et très parlant : « La stratégie du choc », de Naomie Klein
(Pour ceux qui ont la flemme de lire, voici un lien vers une adaptation reportage)

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