Hybride F1

La semence dans tous ses états

Cette vidéo de Christophe Guyon fait écho au reportage sur Monsanto. Même s’il est plus porté sur l’hybridation que sur l’OGM, le sujet reste sensiblement le même : L’autonomie des agriculteurs face aux géants semenciers.

C’est du déjà dit, mais il faut le répéter. Aujourd’hui, nous pensons tous que les agriculteurs replantent une partie de leur récolte pour l’année suivante. C’est une belle idée, mais c’est actuellement faux. Le cycle ancestral de la récupération des graines à été saccagé par un truchement de lois prétextant la sécurité sanitaire et autres histoires douteuses. C’est encore une fois l’appât de la productivité à court terme qui à poussé à changer les habitudes. Ce sont donc aujourd’hui près d’une dizaine de multinationales semencières qui ont le monopole de la distribution des semences.

En Inde, on peut déjà apercevoir les dégâts économiques et sociaux de ce genre de système de culture. Les paysans, lourdement endettés, vont jusqu’à vendre un rein, un enfant, ou leurs propres terres, afin de rembourser ces emprunts toxiques.

En France, ainsi qu’à l’échelle européenne, il à été mis en place des catalogues de références commerciales de semences. Ce listing à pour but d’établir quelles sont les espèces qui ont le droit d’être vendu. Il se trouve que la grosse majorité de ces espèces « légales » sont des hybrides de type F1, ne provenant donc que des grosses entreprises agro-industrielles.

Les Hybrides F1, c’est Quoi ?

Avant, l’hybridation était le résultat de sélections et de croisements provoqués par les paysans. C’était artificiel, donc pas vraiment naturel, mais les paysans gardaient le contrôle de leurs productions et n’avaient pas d’impact réellement grave sur son environnement.
Aujourd’hui, l’hybridation (qui n’est pas un OGM) est une sélection accrue issue d’un appauvrissement génétique. Le but est d’obtenir une plante extrêmement productive à court terme. En effet, la première génération est extrêmement vigoureuse, mais la génération suivante, l’est beaucoup moins, voir pas du tout. Cela oblige donc le producteur à racheter sa semence chaque année.

La mise en place d’un tel système commercial est l’aboutissement de plusieurs années de recherches très coûteuses. Ces objectifs de rentabilité à court terme écrasent les objectifs réels de résistances aux agressions naturelles. La fragilité des espèces grandis, l’autonomie alimentaire des populations est de fait menacée.
Cette menace, certains l’ont bien compris et ont commencé à créer des banques de graines associatives afin de conserver ce potentiel de diversité génétique et notre autonomie alimentaire. Mais ça, ce sera surement le sujet d’un autre billet :-)

A voir : Le monde selon Monsanto

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